Danser sans décadence

Qu’on l’appelle b-boying, danse au sol ou break dance, ce style de danse apparu dans les années 1970 est aujourd’hui répandu à travers le monde. Associé aux graffitis et à la culture hip-hop, il est souvent perçu de manière péjorative. Pourtant, ce sport gagne de plus en plus ses titres de noblesse.

Malgré ce qu’on peut croire, le break dance a été créé dans le but d’aider les jeunes. En effet, c’est au sud du Bronx que la Zulu Nation qui était à l’époque la Bronx River Association lancé sa nouvelle façon prévenir l’insertion de nouveaux membres dans les gangs de rue. Elle consistait en une de danse qui pousse ceux qui la pratiquent à dépasser leurs limites et à se surpasser autant physiquement que techniquement. Ainsi, l’énergie des jeunes se voyait canalisée dans une activité positive développant autant la condition physique que la créativité.

Par le fait même, d’un point de vue plus artistique ce type de danse permet de faire ressentir les émotions par l’entremise du corps et de la gestuelle. En utilisant cet art en premier lieu comme un moyen d’expression, les pratiquants sont non seulement en mesure exprimer leur ressentiment intérieur, mais aussi de s’affronter et de montrer leurs différents sur la piste de danse au lieu de recourir à la violence. Ces duels peuvent également procurer plus de confiance en soi aux danseurs par la reconnaissance du talent des breakers impliqués.

Dans une différente optique, comme tout sport le break dance comporte son lot de bienfaits sur la santé. L’utilisation de son corps comme moyen d’expression permet entre autres de travailler la souplesse, mais aussi de muscler chaque partie du corps grâce à l’exécution de figures acrobatiques engendrées par le B-boying. L’enchainement de plusieurs mouvements chorégraphiés sur une musique rythmée exige également une bonne endurance, ce qui favorise l’accroissement de l’endurance cardiovasculaire et cardiorespiratoire. Sans compter que la pratique d’une activité physique nécessitant un effort soutenu sécrète des hormones telles que l’endorphine, la sérotonine et la dopamine après 15 à 30 minutes. Celles-ci réduisent le stress et confèrent une sensation de plénitude.

Avec tous les efforts que le break dance nécessite, certains sont portés à croire que seuls les individus dans une parfaite condition physique peuvent jouir de cet art. Néanmoins, en ayant de la volonté et en pratiquant, il est possible même pour les gens physiquement limités d’exercer le b-boying. C’est le cas de Lazy Legz, un danseur né avec de l’arthrogrypose, un syndrome engendrant des malformations et un handicap moteur, ainsi qu’une scoliose, une déviation sinueuse de la colonne vertébrale. Son handicap ne l’empêche pas pratiquer le break dance sur ses béquilles et de détonner au milieu des autres danseurs. Il constitue un modèle et une source d’inspiration, autant pour les enfants des écoles qu’il visite que ceux dans les hôpitaux où il propose ses services. Malgré certaines limites auxquelles il est confronté, Lazy Legz affirme: «J’ai accepté mon handicap grâce à la danse». De ce fait, non seulement les gens limités physiquement peuvent pratiquer ce sport, mais cela peut aussi leur permettre de progresser dans l’acceptation de leur condition en plus de prouver qu’ils ne sont pas aussi limités qu’on le croit. Lazy legz n’est d’ailleurs pas le seul b-boy ayant un handicap physique, il a également un ‘’crew’’ composé de breakers dans la même situation que lui.

Ces ‘’crews’’ sont des groupes de danseurs se mesurant parfois à d’autres groupes et dont les membres peuvent s’exercer ensemble. De plus, il arrive souvent que pour un danseur, le ‘’crew’’ représente bien plus que des gens qui partagent une passion. En effet, comme le rapporte Daly Sak, un breaker du groupe 701 Squad: «C’est vraiment tout pour moi, famille, frères… parents!» Les membres du ‘’crew’’ se supportent, autant en ce qui concerne la danse que ce qui se passe dans leur vie personnelle. En plus de partager leur passion, ils ressentent un certain attachement les uns envers les autres, ce qui les unit plus qu’un simple groupe de danse. L’art qu’est cette danse et plus particulièrement le b-boying, crée donc un sentiment d’appartenance au sein de ses adeptes.

De plus, il offre aux gens la possibilité de se surpasser constamment, et ce, peu importe l’âge du participant. Le cas Glenn Curtis, un b-boy de 69 ans, en est un bon exemple. Même s’il est âgé, celui-ci continue développer sa technique. «Plusieurs personnes ici me disent que j’ai progressé depuis que je suis arrivé et je le sens, je vais mieux» explique-t-il, ce qui montre que malgré la vieillesse, on peut toujours s’améliorer. Ce phénomène pousse les danseurs à aller au-delà de leurs limites et les motive dans ce qu’il entreprenne.

En somme, qu’on soit petit ou grand, gros ou maigre, blanc ou noir, jeune ou vieux, le break dance est une discipline accessible à chacun d’entre nous. À travers les décennies, le b-boying à évolué dans les rues et il continuera de préserver la passion des adeptes de sport, autant professionnellement parlant que pour les amateurs qui de plus en plus forgent une réputation positive à cet art underground.

Carol-Ann Robert

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« La première fois que je les ai vu, j’ai cru qu’ils avaient débarqués d’une autre planète. Je ne pouvais pas m’arrêter de les regarder. J’étais encore petite quand ma mère m’emmena les voir s’entraîner dans le quartier. Ça a rapidement eu de plus en plus de succès. Très vite, les meilleurs danseurs sont venus de partout pour se mesurer les uns aux autres dans ce qu’ils allaient appeler la  » danse de rue  ». Ce fut une révolution, et j’allais en être un des spectateurs privilégié. Je rêvais de glisser, de sauter, de m’envoler comme eux. » – Step up 2

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